Tribune
February 13, 2026
Réflexion sur la vidéoprotection

La sécurité est aujourd’hui la première préoccupation des Français(Ipsos septembre 2025). La protection des personnes et des biens relève d’abord de la compétence de l’État, à travers la Police nationale et la Gendarmerie. Pour autant, les communes ont un rôle à jouer. Le(la) maire dispose du pouvoir d’organiser une police municipale sur le territoire de sa commune.

À Paimpol, la municipalité a fait le choix affirmé d’un effectif conséquent, composé de six policiers municipaux, bien au-delà de ce que l’on observe généralement dans des communes de taille comparable. Guingamp : 1 policier, Perros Guirec : 3 policiers. Cette volonté d’assurer une présence renforcée sur le terrain s’accompagne également d’une réflexion sur la possibilité de développer la vidéoprotection sur l’espace public.

Les caméras voient. Elles enregistrent, mémorisent, aident à la résolution d’enquête. Mais empêchent-elles réellement les actes qu’elles observent ? Réduisent-elles les faits sans présence humaine 24h/24h devant les écrans ?

On nous parle d’efficacité, d’études rassurantes. Mais rassurent-elles une personne qui n’ose plus sortir le soir ? Font-elles revenir le respect du mobilier urbain, des façades, des espaces partagées ?

Il y a aussi la question des coûts. Financier : installation, maintenance, stockage des données, mais également démocratique. Combien de surveillance sommes-nous prêts à accepter pour nous sentir protégés ? À partir de quand la sécurité devient-elle le sentiment d’être observé en permanence ? Souhaitons-nous vraiment une ville où l’on se demande, au détour d’une rue ou d’une place, si un objectif nous suit ?

La question n’est donc pas seulement de savoir s’il faut installer des caméras, mais où et pourquoi. Une implantation pertinente ne se décrète pas depuis un bureau : elle se construit à partir des usages réels de la ville. Cela suppose d’identifier les lieux de passage, les espaces ressentis comme insécurisants, les sites où se concentrent dégradations ou tensions. Il ne s’agit pas d’équiper indistinctement places, parkings ou rues “par principe”, mais de cibler les endroits où un dispositif répond à un besoin précis et argumenté.

Cette réflexion, nous ne prétendons pas la mener seuls. La définition des besoins et des lieux d’implantation doit associer celles et ceux qui vivent la ville au quotidien : habitants, commerçants, usagers de l’espace public, ainsi que les acteurs de la prévention, la police municipale et les forces de l’État.

Nous privilégierons une démarche concrète. L’objectif n’est pas de produire un simple sondage “pour ou contre”, mais de construire un diagnostic partagé : où les difficultés se posent-elles ? à quels moments ? pour qui ?

Nous n’avons pas de tabous et nous nous engageons à ouvrir le débat.